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Talia (Myriam)

Pour terminer janvier (22 janvier 2009)

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Théologie


Un rabbin parle avec Jésus
De Jacob Neusner, Ed. du Cerf
202 p. – 23 euros – ISBN 978-2-204-08564-9

J. Neusner s’imagine en rabbi, nourri de Torah, présent au pied de la montagne où Jésus délivre son enseignement. Comment aurait-il reçu les affirmations vigoureuses de ce jeune maître, tour à tour séduisantes et scandaleuses ? A partir de l’évangile de Matthieu, il les affronte l’une après l’autre et les évalue au nom de la Torah que le prédicateur prétend ne pas vouloir abolir mais accomplir.
J. Neusner « ne l’aurait pas suivi pour de bonnes et substantielles raisons ».
Aucun livre n’a jamais aussi nettement honoré l’enracinement juif du message de Jésus mais, en même temps, dégagé les points de rupture profonde entre judaïsme et christianisme. La singularité de Jésus y apparaît de façon impressionnante, mais tout autant les convictions majeures de la foi juive.

Histoire


Un acte honteux. Le génocide arménien et la question de la responsabilité turque
De Taner Akçam, Ed. Denoël
491 p. – 25 euros – ISBN 978-2-20725963-4

„Un acte honteux“: tels sont les mots employés par Mustafa Kemal lui-même, père de la Turquie moderne, pour qualifier le génocide des Arméniens à partir de 1915 (un million de victimes). Pourtant, aujourd’hui encore, les historiens turcs ne peuvent travailler sereinement sur cette question, la contestation de la ligne officielle héritée de la fondation de la République étant passible de poursuites. L’exception est très certainement Taner Akçam, historien turc vivant en exil et spécialiste des archives ottomanes. Partant d’une analyse rigoureuse de documents militaires et judiciaires inédits, ainsi que des minutes des débats sur la principale question : celle de la responsabilité. Akçam montre de manière irréfutable – puisque ce sont les documents ottomans qui parlent – que, loin de n’être qu’une conséquence aussi fâcheuse qu’involontaire de la Première Guerre mondiale, le génocide fut soigneusement planifié et exécuté par le parti au pouvoir à l’époque, le comité Union et Progrès, plus connu sous le nom de « Jeunes-Turcs ».

Congo belge. La colonie assassinée
D’André-Bernard Ergo, Ed. L’Harmattan
275 p. – 25 euros – ISBN 978-2-296-07341-8

Peu de temps après sa reconnaissance en 1908, la colonie du Congo belge participe activement à la première guerre mondiale au terme de laquelle elle se lance dans un programme de développement économique du pays, bientôt contrarié puis interrompu par l’effet sur l’économie mondiale du crash financier aux Etats-Unis. La colonie se relevait à peine de cette épreuve qu’elle fut impliquée entièrement dans la seconde guerre mondiale, militairement d’abord, économiquement ensuite pour compenser, chez les Alliés, la perte des productions de leurs territoires d’Extrême-Orient. La guerre aura pour conséquence un exode significatif de la population rurale vers les grands centres, y créant des masses détribalisées. Le remplacement dans ces centres du personnel européen mobilisé par des Congolais évolués, et la prise de conscience chez ceux-ci, de leur capacité à remplir ces charges occupées jusque-là par des Européens, va faire émerger, dans les grandes villes, des groupements qui prendront, à terme, une orientation politique.

Essais


La médecine au temps des Hébreux
De Bruno Halioua, Ed. Liana Levi
287 p. – 24 euros – ISBN 978-2-86746-486-7

Au carrefour des principales voies de communication de l’Antiquité unissant l’Afrique à l’Asie et l’Asie à la Grèce, les Hébreux rassemblaient et mobilisaient toute une série de connaissances sur le plan médical. Mais entre les mages de Babylone et les sounou de Thèbes, quelle place occupaient les praticiens hébreux ? Depuis les règles d’hygiène jusqu’aux actes chirurgicaux, les compétences médicales étaient au cœur de la vie quotidienne, et le médecin jouissait d’un prestige considérable. Qu’elle était sa formation ? Que savait-il de l’anatomie ? Grâce à une étude très précise de la Bible et du Talmud ainsi que des rares textes ayant abordé le sujet, Bruno Halioua répond à ces questions, dans un essai qui passionnera bien au-delà des cercles médicaux.

Conversation sur les sujets qui fâchent
D’Alexandre Adler et Gilles-William Goldnadel, Jean-Claude Gawsewitch Editeur
224 p. – 19,90 euros – ISBN 978-2-35013-123-8

En France, pourquoi certains sujets sont-ils à ce point dérangeants qu’on préfère n’en discuter que de manière convenue?
Deux personnalités, deux esprits libres, Alexandre Adler et Gilles-William Goldnadel ont décidé d’en débattre en toute franchise et sans hypocrisie. Peut-on aborder sans faux-semblants la question de l’immigration et de l’identité nationale ? La France est-elle raciste ? Peut-on et doit-on empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ? conflit Israël-Palestine, à qui la faute ? Parle-t-on trop de la Shoah ? les journalistes français sont-ils honnêtes ?
Adler et Goldnadel confrontent, dans un dialogue à la fois brillant et décapant, le point de vue de l’historien et de l’intellectuel engagé.

Shoah


Un livre du souvenir. A la recherche d’une famille juive décimée en Pologne
De Françoise Milewski, préface de Théo Klein - Ed. La Découverte
320 p. – 22 euros – ISBN 978-2-7071-5424-8

De ceux qui ont péri pendant la Shoah, les descendants des familles de survivants savent en général peu de choses. C’est ce qui a conduit Françoise Milewski, une enfant d’immigrés juifs polonais née en France en 1947, à entreprendre une recherche sur sa famille, avec un double objectif : transmettre à la troisième génération, celle de ses enfants, l’histoire familiale en Pologne pour en préserver la mémoire : redonner une identité aux victimes, afin qu’elles ne restent pas sans traces pour leurs descendants. Dans ce livre, illustré de plus quatre-vingt photos et documents, l’auteur raconte son enquête en Pologne même, mais aussi dans les archives allemandes, israéliennes, françaises et américaines, pour transmettre une mémoire d’événements qu’elle n’a pas vécus et recréer le lien brisé. Retraçant l’aiguille et le fil de la recherche d’une famille juive décimée, elle restitue les « éclats de vies » des disparus, le quotidien dans les shtetl (les bourgades juives) en Pologne avant la guerre, les itinéraires de ceux qui ont péri et de ceux qui ont été sauvés, la vie quotidienne des survivants en France dans l’après-guerre. C’est le livre du souvenir d’une famille, à l’image de ceux écrits après la guerre par les rescapés pour sauver leurs bourgades de l’oubli.

Nouvelles


Le marchand de lunettes et mes autres histoires juives
D’Adam Biro, Ed. Belfond
230 p. – 18 euros – ISBN 978-2-7144-4484-4

L’argent, la religion, la famille, l’ambition, la richesse, la pauvreté, l’amour, les traditions, l’Histoire...Vingt-neuf nouvelles aussi drôles que cruelles racontées par Adam Biro, devenu au fil de la plume un « marchand de lunettes » facétieux qui contemple avec tendresse celui qui est la cible de tant de plaisanteries savoureuses : le Juif. Rien n’est épargné au lecteur. Tout, ici, est une question d’interprétation…juive !

Romans


Qui a tué l’ayatollah Kanuni?
De Naïri Nahapétian, Ed. Liana Levi
278 p. – 17 euros – ISBN 978-2-86746-499-7

L’ayatollah Kanuni? Un juge tout puissant qui conduit depuis vingt-cinq ans la répression des opposants en Iran. Tous souhaitent sa mort : Moudjahedin du peuple, anciens Fedayin et autres adversaires du régime. Mais le jour où celle-ci survient mieux vaut ne pas se trouver sur les lieux du crime. C’est pourtant ce qui arrive à Narek Djamshid, de retour dans son pays natal quelques semaines avant les élections présidentielles de 2005. Pris malgré lui dans cette affaire entre une féministe islamique et un opposant laïque membre de la jet set, il a l’impression de passer à côté des raisons du meurtre de cette société hermétique. Et ce n’est pas sa grand-tante arménienne occupée par ses petits plats et ses feuilletons télévisés, qui peut l’aider à comprendre. Pas plus que les compagnons de lutte de ses parents, étrangement évasifs sur le passé…

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