Israël/ Moyen-Orient
Israël et l’autre
Collectif, sous la direction de William Ossipow, Ed. Labor et Fides
248 p. – ISBN 2-8309-1180-6
Il y a, dans la courte histoire de l’Etat d’Israël, une succession interminable de violences subies et infligées. Dans ce livre, cinq chercheurs basés à Tel-Aviv et Genève analysent sous plusieurs angles originaux la difficile relation politique qu’Israël établit avec l’autre. Il s’agit de la comprendre, en restituant la genèse des événements, en dénouant la logique juridique du droit international, en tenant compte de l’ambiguïté fondamentale des situations : chacune appelle des interprétations divergentes qui doivent se confronter et interagir.
L’accord de Genève
Version autorisée du texte intégral traduite et présentée par Alexis Keller, Ed. Labor et Fides et Ed. Du Seuil
144 p. – 12 euros – ISBN 978-2-02-066001-6
Ce livre donne, pour la première fois, la traduction française autorisée, approuvée par ses acteurs, de « l’accord de Genève » du 1er décembre 2003. Dévoilée après deux ans de négociations secrètes, l’ « initiative » de Genève, pour renouer les liens et faire progresser la paix entre Israéliens et Palestiniens, a été unanimement saluée dans le monde. Pour la première fois depuis les accords d’Oslo, elle présente un plan de paix complet, précis, cartes à l’appui, avec une volonté d’aborder toutes les difficultés et de parvenir à des compromis concrets et définitifs. Quel que soit son destin, ce texte fera date.
Shoah
Aux Editions Labor et Fides, deux livres de Marc-André Charguéraud,
Les Papes, Hitler et la Shoah
174 p. – ISBN 2-8309-1033-8
Comment Pie XI a-t-il pu accepter de conclure un accord avec Hitler en 1933? Pourquoi Pie XII n’a-t-il pas pris fermement position contre les massacres perpétrés par les nazis ? Tiraillés entre l’affirmation de leur autorité morale et leur devoir de protéger l’Eglise, les papes ont été contraints à la prudence lors de la montée du nazisme et du déroulement de la Deuxième Guerre mondiale. Dans cet ouvrage précis et très documenté, l’auteur dévoile la complexité d’une époque troublée, du Concordat de 1933 à la guerre, au cours de laquelle Pie XII, au delà de ses « silences », sauvera de nombreuses vies humaines. Cet ouvrage s’avère essentiel pour mieux comprendre la position parfois ambiguë de l’Eglise catholique aussi bien vis-à-vis de la question juive que des persécutions infligées aux divers peuples européens.
et,
Le martyre des survivants de la Shoah. 1945-1952
Ed. Labor et Fides et Ed. Du Cerf
288 p. – 24 euros – ISBN 978-2-8309-1349-1
Au terme de la Seconde Guerre mondiale, en Europe de l’Est, survivent plus d’un million de rescapés de la Shoah. A peine « libérés », des pogroms meurtriers s’abattent sur eux, les persécutions continuent. Il ne leur reste qu’une alternative : fuir. Au fil des années, ce sont plus de 900 000 survivants juifs qui se voient contraints de se réfugier loin de leur terre natale, en Israël notamment. Les populations et les gouvernements des « démocraties populaires » ont ainsi accompli la prophétie qu’Hitler n’avait pas réalisée malgré les millions de victimes de la Shoah, rendre l’Europe de l’Est « judenfrei » (sans Juifs). Ce dernier chapitre de la Shoah s’est déroulé sous les yeux du monde libre, vainqueur mais resté largement antisémite malgré la « catastrophe juive ». Pendant les premières années de l’après-guerre, les pays qui le composent ont systématiquement fermé leurs portes aux survivants juifs à la recherche désespérée d’un refuge. Ce drame est peu connu. La plupart des historiens arrêtent leurs travaux à la victoire, en mai 1945. Le martyre des survivants de la Shoah est le premier livre à embrasser l’ensemble du sujet. Il permet à ce titre de questionner nombre d’idées reçues, relever des situations paradoxales, et replacer certains événements dans un contexte plus large.
L’Holocauste comme culture
D’Imre Kertész, préface de Peter Nadas, Ed. Actes Sud
277 p. – 22 euros – ISBN 978-2-7427-8231-4
Imre Kertesz, traducteur de Nietzsche et de Wittgenstein, nous parle ici avec la radicalité et la logique infaillible qui font de ses romans une oeuvre exceptionnelle. Pour lui « Auschwitz ne s’est pas produit hors du temps et de l’espace, mais dans la culture occidentale », et comme il est dit dans le communiqué de presse de l’Académie suédoise au moment de l’attribution du prix Nobel, « c’est la dernière vérité sur la dégradation de l’homme dans une existence moderne ». Un « degré zéro de l’éthique », qui, s’il n’est pas sublimé par le refoulement ou une pseudo « réparation », pourrait constituer une culture.
Rassemblés ici pour la première fois dans leur intégralité, ces essais, considérations et discours sur la relation à l’Holocauste, le XXe siècle totalitaire, la question de la survie et de l’exil, les manifestations du changement suite à la chute du Mur, et sur une Europe à rénover profondément, forment la somme d’une réflexion rigoureuse, qui –comme l’exprime l’Académie suédoise – « libère le lecteur du fardeau des sentiments obligés et incite à une liberté de pensée singulière. »
Récits
La chorba au mouton. Contes et récits du Maghreb
De Paul Cohen, Ed. L’Harmattan
144 p. – 13,50 euros – ISBN 978-2-296-06868-1
Depuis la place Halfaouine à Tunis, les magnifiques plages et sites archéologiques de sa banlieue nord, en passant par un périple à travers l’Algérie des années 80, jusqu’aux roseraies au sud de Marrakech, l’auteur nous fait parcourir un monde fait de paysages bigarrés où l’inattendu guette au coin des pages. Des personnages hauts en couleur contribuent au suspense et à maintenir le lecteur en haleine. Une page d’histoire et un témoignage essentiel sur un art de vie d’une douceur révolue et des faits historiques à jamais gravés dans les mémoires.
A la recherche de Fatima. Une vie palestinienne
De Ghada Karmi, Ed Labor et Fides
432 p. – ISBN 978-2-8309-1164-4
Ce livre est à la fois un témoignage saisissant et une mine d’informations historiques sur la période qui a précédé la création de l’Etat d’Israël et celle qui a suivie. En 1948, l’auteur a neuf ans. C’est la date à laquelle elle quitte Jérusalem, sa nourrice Fatima et son enfance. Pendant une année à Damas, chez ses grands-parents maternels, elle est confrontée à une société musulmane très conservatrice. La famille s’installe ensuite en Grande-Bretagne où elle vivra un long exil. Avec acuité et finesse, Karmi parvient à cerner la naissance d’une identité complexe : au mieux arabe et anglaise, mais bien plus souvent ni vraiment occidentale ni tout à fait arabe, pour toujours à cheval entre deux cultures.
Romans
L’énigme de Delphes
De Jean de La Chesnaye, Ed. L’Harmattan
364 p. – 32 euros – ISBN 978-2-296-07451-4
Ce roman, qu’il est impossible d’emprisonner dans quelques phrases, nous conte l’odyssée, dans le monde égéen, de quatre Français, d’une Italienne et d’un Grec lancés à la recherche du trésor de guerre du général Von Klumff. Cette folle équipée terrestre et nautique va les conduire à affronter, dans un savant jeu de cache-cache, un ancien officier de la Wermarch, un numismate faux-monnayeur et un tueur en série, mystagogue cruel se référant à l’Ancien Testament pour l’exécution de ses crimes.
Ces trois personnages, qui prennent des visages différents selon les circonstances, appartiennent à des réseaux mafieux s’entre-déchirant pour s’assurer le monopole de la diffusion de la drogue dans la région.
La remorque rouge
De Marie-Gabrielle Duc, Ed. Albin Michel
206 p. – 14 euros – ISBN 978-2-226-19092-5
Une remorque rouge a été déposée dans un des hangars de l’entrepôt de la région parisienne où travaille Clarque Kowalski, alors qu’en ce soir de Noël, il ne devrait y avoir aucune livraison, et qu’il préférerait s’adonner au seul plaisir qu’il ait trouvé dans l’existence, celui de recopier Proust in extenso et oublier le triste monde. De cette remorque il en sort sept enfants muets au comportement très étrange, qui fonctionnent comme un seule entité.
Un premier roman à l’inquiétante étrangeté où le réel le plus sombre, l’humour, la fantaisie et l’imprévu des comportements dessinent un univers aussi décalé qu’envoûtant.
|