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Talia (Myriam)

De la lecture pour Pessah (8 avril 2009)

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Judaïsme


Les trompettes d’argent. La responsabilité de l’Homme au regard du judaïsme
De Sébastien Allali, Ed. Lichma
194 p. – 19,90 euros – ISBN 2-912553-88-1

Selon la tradition juive, l’Homme est le partenaire de Dieu qui a crée un monde volontairement imparfait pour permettre à l’humanité d’avoir un rôle actif à jouer en parachevant la création. Dieu s’est donc progressivement retiré des « affaires terrestres » pour laisser de la place à sa créature, dont les initiatives prométhéennes sont toujours saluées positivement. C’est pourquoi, d’après le Talmud, l’intervention divine à travers un miracle est mal venue : car Dieu ne doit pas agir de manière trop ostentatoire, de peur de faire de l’ombre aux hommes. De même, une fois que la Tora est donnée au Sinaï, c’est aux sages, de commenter le texte, d’en renouveler le sens et de dire le droit. Les rabbins vont jusqu’à interdire à Dieu de se mêler de leurs débats ! Et Dieu, enseigne la Talmud, réagit en riant, approuvant la quête humaine d’autonomie…Dans la pensée juive, l’Homme est en effet « debout » face à Dieu, il lui parle presque d’égal à égal, comme lorsque Abraham négocie avec le Maître du monde le sort des habitants de Sodome. L’enjeu de cette conception originale, que Sébastien Allali nous invite à redécouvrir, c’est la responsabilité humaine et la prise en main, par l’Homme, de son destin.

Biographie


Walter Benjamin. Une vie dans les textes
De Bruno Tackels, Ed. Actes Sud
845 p. – 29 euros – ISBN 978-2-7427-8224-6

Walter Benjamin, philosophe, auteur notamment des Passages, des Chroniques berlinoises, a passé sa vie à tenter de comprendre le monde en lisant. Il lisait tout, aussi bien les contes pour enfants que les textes de théâtre, ou les écrits des philosophes. Son œuvre est considérable dans bien des domaines, et fragmentaire. Son existence aussi est fascinante. Mais comme lui-même ne pensait pas que la vie de chacun, en tous cas la sienne, était intéressante, il fallait, pour ne pas le trahir, la raconter en partant de ses textes, et les expliquer par les circonstances de la vie. La méthode de Bruno Tackels s’avère passionnante, car Benjamin eut une vie amoureuse et amicale ô combien fournie et aventureuse. On pourrait même le qualifier d’aventurier. Ami de Brecht et Scholem, cousin d’Hannah Arendt, issu d’une famille bourgeoise, Benjamin rompt très jeune avec son milieu familial et, dans les cercles intellectuels de Berlin, veut opposer sa vision du monde à la déliquescence de Weimar puis à la montée du nazisme. On connaît hélas le sort des intellectuels antifascistes : réduit à s’enfouir d’Allemagne, Benjamin ira se réfugier à Paris, cette ville qu’il aimait tant et sur laquelle il a tant écrit, puis, progressivement, se précarisera.

Essais


Les armes nucléaires. Mythes et réalités
De Georges Le Guelte, préface de Michel Rocard, Ed. Actes Sud
390 p. – 25 euros – ISBN 978-2-7427-8265-9

Voici un livre essentiel. C’est une histoire politique et institutionnelle des arsenaux nucléaires. L’opinion la plus répandue est que la raison a conduit des deux côtés le pilotage de l’aventure nucléaire militaire, et notamment la fourniture de son matériel. Ce livre est la démonstration éclatante du contraire. On aurait pu penser que la nature et le nombre des armes et de leurs vecteurs auraient été calculés en fonction de l’arsenal des autres, des possibilités et contre-mesures, et de l’intention stratégique…et bien non, vous allez découvrir une histoire différente.
Cet essai vient ajouter des informations majeures sur le caractère parfaitement irrationnel, et de ce fait largement irresponsable, de l’inflation de ces arsenaux.

Témoigner. Entre histoire et mémoire. Criminels politiques en représentation. Arts, cinéma, théâtre, littérature, médias
Collectif, Revue pluridisciplinaire de la Fondation Auschwitz, n° 102 , Janvier – mars 2009, Ed. Kimé
264 p. – 15 euros – ISBN 978-2-84174-484-8

Les arts et la littérature ont toujours réservé une place importante aux crimes et aux grandes violences (martyres, massacres et champs de bataille), cette inclination n’a pas diminué aujourd’hui. Le théâtre a déjà, dans les années 1960, dénoncé les crimes nazis et leurs complices à travers la mise en scène des criminels eux-mêmes (L’Instruction de Peter Weiss, Le Vicaire de Rolf Hochhuth). Mais le nazisme n’est pas leur seul centre d’intérêt. Comme tout despote, Franco a eu son lot d’hagiographes et l’ambiguïté de personnages de la Phalange se retrouve jusqu’à récemment dans des romans mémoriels espagnols. A propos du Rwanda, commencent à paraître des récits qui s’attachent aux génocidaires. Sur les Khmers rouges, quelques films et bandes dessinées ont été réalisés. Ce dossier explore les différentes formes de présence des criminels politiques dans la littérature, le cinéma, le théâtre et les arts plastiques en Europe, en Afrique et en Asie. Il s’intéresse aussi à leur représentation médiatique, notamment en Argentine et en Afrique du Sud, posant la question : le bourreau est-il vraiment un témoin.

Romans


Tous le rêves du monde
De Theresa Révay, Ed. Belfond
447 p. – 21 euros – ISBN 978-2-7144-4401-1

1945. Berlin dévasté est livré aux armées victorieuses. Malgré la présence des Soviétiques, Xénia Féodorovna Ossoline rejoint la capitale allemande, déterminée à retrouver Max von Passau, l’homme de sa vie. Mais le célèbre photographe n’est plus que l’ombre de lui-même. Rescapé d’un camp de concentration, ce résistant de la première heure au nazisme est hanté par les démons de la guerre. Désormais, une nouvelle génération cherche sa voie parmi les ruines d’un monde perdu. Lorsqu’on a été élevé dans l’adulation du Führer, comment admettre que le père est un criminel nazi ? Et que peuvent espérer deux jeunes juifs dont les parents ont été assassinés par les SS ? Si Félix lutte pour récupérer la maison Lidner, le grand magasin berlinois aryanisé par les nazis, sa sœur rebelle ne songe qu’à la vengeance. Quant à Natacha, la fille de l’énigmatique Xénia Ossoline, elle découvre que sa mère lui ment depuis toujours.

Mon voisin, c’est quelqu’un. Nature morte V
De Vincent Engel, ED. Luc Pire
206 p. – ISBn 978-2-50700-074-5

Otto n’aime pas se poser des questions. Il se contente d’une vie bien rangée, entre une passion fanée pour l’aquariophilie et le rituel du thé qu’il partage avec son amie Katrin. Jusqu’à sa rencontre avec le propriétaire du manoir voisin, le puissant et charismatique Jorg von Elpen. C’est l’histoire d’une rencontre qui tourne mal, dans un pays qui ressemble à tant d’autres. C’est l’histoire d’une machination savamment orchestrée aux accents trop connus. C’est l’histoire enfin d’une nation endormie qui se réveille un matin avec un goût amer en bouche.

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